Vue sur Terra Cotta Army

L’exposition s’articule sur quatre parties principalement: la vie de l‘empereur Qin, le premier empereur de Chine, mais surtout sa personnalité qui a fait de lui un personnage hors du commun. La deuxième partie évoque l’aspect militaire de son régime ; ensuite on peut également admirer des objets de la vie de tous les jours, de cérémonie, des instruments de musique. Et enfin, les fouilles archéologiques dans la nécropole,  le mausolée secret.

La première partie passe en revue toutes les facettes de la personnalité de  l’empereur Qin. On y découvre notamment ses origines.  Son clan, à savoir le clan Qin, faisait déjà régner  la loi dans un royaume situé à la périphérie occidentale du berceau de la culture chinoise avait entrepris d’importantes  et était confronté aux invasions de barbares ainsi qu’aux guerres intestines de l’époque.

Mais on apprend  également plusieurs points historiques fondamentaux, comme  par exemple: les conditions de son arrivée au pouvoir ainsi que ses réformes politiques menées pendant les 12 années de règne. Sa volonté de tout unifier à outrance était légendaire. On peut citer, par exemple, les mesures de poids ou la langue écrite. Ses ambitions personnelles étaient à la mesure du personnage et  la constitution d’une armée  a été un véritable instrument pour asseoir son pouvoir  politique.

Cette unification politique et militaire et monétaire  a assuré le développement économique du pays.

Pour la grande muraille, l’exposition explique clairement quelle  a été la participation de cet empereur dans cet ouvrage. Les organisateurs ont donc pris la peine de rétablir la vérité historique.

On évoque également sa conception du pouvoir. Assez paradoxalement, il se considérait avant tout comme un porteur de paix après des années de guerre alors qu’il inspirait la crainte par sa mentalité de despote.  N’acceptant pas la critique, il a en effet opprimé son peuple et est décrit comme quelqu’un  dépourvu de toute pitié.

La deuxième partie s’intéresse au système militaire et à l’armée. L’empereur Quin avait une idée très précise de celle-ci.  A nouveau, il a appliqué dans ce domaine son principe d’uniformité.  On explique également  la stratégie militaire mise en place et le déroulement des batailles.

Et enfin les statues de soldats.  On peut admirer un général,  des archers et simples fantassins accompagnés des explications  permettant de bien comprendre les grades,  armures et équipements  de chacun.  On découvre des  armes : épées en bronze, pointes de flèches et lances.

Quin avait tout codifié dans les moindres détails. Il souhaitait que son système militaire dure des millénaires. Cette armée inspirait la crainte auprès de ses  ennemis  étant donné que Qin jouait sur l’effet de nombre  pour écraser ses adversaires militaires.

La troisième partie évoque les instruments de tous les jours, comme par exemple, les pièces de monnaie, des objets de cérémonies, des tambours et coupes à vin utilisé lors de sacrifices. C’est une partie un peu plus limitée dans ses développements.

Et puis, la dernière partie, le meilleur pour la fin : le mausolée. Et on peu t se poser la question de savoir pourquoi une armée en terre cuite aussi réaliste ? Il faut savoir que cet empereur avait un talon  d’Achille : il avait peur de la mort.

L’exposition s’attarde sur ce point. On explique très bien l’isolement de Quin vis-à-vis du monde extérieur, de la réalité. Il était sous l’emprise de magiciens et de penseurs taôistes. Ceux-ci  sont convaincus de l’existence  d’un élixir d’immortalité. Quin a envoyé d ailleurs des expéditions  pour trouver ce fameux élixir.

Mais si ces expéditions échouaient, Il avait un plan B : ses soldats  allaient le défendre au-delà de la mort. D’où la reconstitution de son armée.

On décrit très bien  le travail des centaines d’artisans pour fabriquer une telle armée. Ils ont poussé le réalisme jusqu’à personnaliser chaque soldat. Pas un seul ne se ressemble. De plus, celle-ci était très colorée contrairement à ce que l’on pense, mais l’effet de la lumière a abimé ces couleurs.

Peu de temps après sa mort, des pillards  ont mis le feu à une partie de la nécropole et les superstructures en bois se sont écroulées. D’ où l’énorme travail des archéologues chinois.

Actuellement, au niveau des fouilles : Il reste encore une partie non exhumée qui garde tout son secret. C’est la partie centrale qui se cache sous un tumulus. Les  Chinois n’osent pas l’ouvrir par peur de réveiller les esprits maléfiques et de la mort qui planent sur ce tombeau.

On a fait des prélèvements sur le site. Et le taux de mercure y est très élevé.

On pense qu’il y aurait  une réplique  du palais de l’empereur avec des rivières et des mers. Ils auraient utilisé du mercure pour reproduire  précisément ces rivières. Mais les autorités chinoisent préfèrent  laisser la découverte de la partie centrale aux générations à venir. Peut- être pour nos enfants, ou nos petits-enfants. Ils auront la chance de visiter et décrire cette partie centrale.

D’une façon générale, pour un visiteur neutre, c’est une exposition qui se fait en 1 heure30. Je conseille les nocturnes, car on est plus facilement plongé dans l’ambiance et on ne souffre pas du jetlag.

Deux éléments originaux  pour mieux comprendre la complexité du personnage : d’abord un film très professionnel et multilingue.  Ce film retrace  et résume la vie de l’empereur et les travaux d’excavation menés jusqu’à présent.

Autre curiosité de cette exposition : une fosse de  10 mètres sur  15 qui présente des soldats en ordre de bataille avec des effets sonores et des jeux de lumière. Tout est fait pour vous permettre d’expérimenter l’ambiance de cette nécropole.

Des visites guidées en français, néerlandais et anglais sont prévues.

En tant qu’historien, on espère toujours en apprendre plus et en savoir plus. Mais cette exposition donne un bon avant gout de ce mausolée et de ses secrets. Après le mystère de la grande pyramide, voici les secrets  du tumulus central.

En tout cas,  cela  donne une idée de la folie, de cet empereur mégalomane qui était  à la fois génial par son projet d’uniformité et, d autre part, habité par des comportements  tyranniques vis-à -vis de son peuple. L’exposition est donc une réussite par sa description en finesse et sa démonstration par ses détails historiques de cette personnalité très complexe.

Présentation & Rédaction: David ROBERT

Prise de vue photographique : Le Binh Tu PHAM