Ces femmes aux longs cous sont appelées Padaungs ou encore Padaoungs. Elles sont originaires de la province du Yunnan en Chine, du Tibet ou bien encore de Mongolie. Depuis 1988, début de la guerre civile en Birmanie, une partie de cette tribu montagnarde du groupe des Karen ou Kayahs a dû s’exiler au Nord de la Thaïlande, à la frontière, dans le petit village de Mae Hong Son.

Les Padaungs n’ont malheureusement aucun statut et sont devenues une attraction touristique… De part mon expérience en Thaïlande, les guides poussaient lourdement à la visite de ce « spectacle »

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Toutefois, elles tentent de conserver leurs coutumes et ne sont soumises à aucune administration de l’un ou l’autre des pays.
Dans leur pays, la chasse, la récolte, l’élevage et la culture du riz sauvage rythmaient leur existence. Leurs huttes de bambou les abritaient des regards et elles vivaient en paix dans leur forêt. 

Qui n’a jamais vu la photo d’une femme au long cou encerclé de colliers; femme mystérieuse, belle et majestueuse. Ces anneaux de cuivre peuvent allonger le cou de celles qui les portent de trente à cinquante centimètres de haut et abaissent leurs épaules. Certains chercheurs affirment pourtant que le cou ne s’allonge pas; cette impression est donnée par le dégagement que ces anneaux crée à la base de celui-ci et par les épaules plus basses.

Mais peu importe ce qui se produit, cette coutume est ancrée dans leurs racines et sa provenance reste encore évasive. Elle proviendrait des attaques de tigres que subissaient les femmes de ces tribus, dans la forêt. Ils leur sautaient à la gorge et pour les protéger, les hommes fabriquèrent des anneaux d’or que les femmes enfilèrent autour de leur cou. Les tigres se brisèrent donc les crocs et depuis, cette protection est devenue une tradition; l’or étant remplacé par le cuivre.

C’est à l’âge de cinq ans que la fillette commence à porter ces anneaux de cuivre. Une cérémonie, un jour de plein lune, est préparée durant laquelle le sorcier de la tribu décide du moment propice. Une vieille femme jugera de la longueur de la première tige de cuivre qu’elle enroulera autour du cou de la jeune fille. La première expérience se vit avec courage puisque sa famille et elle-même seront comblées de cadeaux. Si la famille de la jeune fille est riche, elle commencera aussi à enfiler des mêmes anneaux autour de ses mollets.
Près de deux ans plus tard, de nouveaux anneaux seront enroulés, les premiers sont retirés et le cou est massé avant la mise en place des nouvelles spirales.

Les anneaux de cuivre sont donc remplacés et lorsque la jeune fille devient femme, son cou peut atteindre jusqu’à vingt centimètres. Une autre cérémonie a lieu à cette étape de sa vie et les anneaux sont à nouveau remplacés pour la dernière fois. Elle reçoit bijoux et présents de la part des autres membres de sa tribu. Sa dot dépendra du nombre d’anneaux; plusieurs en ajoutent donc par la suite pour augmenter la valeur de leur dot. Mais la beauté des femmes Padaoungs et leur richesse dépendent aussi de la longueur de leurs cheveux et des soins qu’elles y apportent pour les rendre brillants.

Ensuite, elles n’enlèveront plus jamais les anneaux. La toilette se fait avec minutie entre ceux-ci et la peau du cou pour empêcher des plaies de se former.

En Birmanie, il est impossible de se rendre dans les villages où vivent les femmes Padaungs car cette région n’est pas pacifiée. Mais comme cette population attire les touristes, certains Birmans ont enlevé des femmes et des fillettes de leur village, pour les exposer aux regards des touristes. Réduites à l’état de bêtes curieuses, qu’on peut visiter comme des singes dans la cage d’un zoo, ou exposées dans des sortes de baraques foraines, les femmes sont prostituées pour la fortune des souteneurs et la joie des touristes.
En Thaïlande, ces femmes, souvent réfugiées politiques de Birmanie (Myanmar), ont été installées dans de « jolis villages » devenus zoos humains, et où elles doivent agir comme si elles étaient dans leur propre village. A l’entrée, se trouve un guichet où les touristes règlent un droit pour pouvoir ramener quelques images à sensation.
Au nom du respect de la dignité humaine, la ligue des droits de l’homme invite les touristes à éviter ces lieux…

Rédaction et présentation Stéphanie Truong

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