Le 12 juin marquait la journée mondiale contre le travail des enfants. Hélas, 215 millions d’enfants travaillent dans le monde pour aider leurs parents à survivre, selon l’Organisation Mondiale du Travail.

Le Cambodge est le pays le plus touché avec 56 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté , avec moins de deux dollars par jour…. Il y a également une forte disparité entre les milieux urbains et ruraux, ces derniers étant les plus touchés par la pauvreté.

http://voixdasie.com//soyummy.swf

Un enfant sur deux dans la tranche d’âge 7-14 ans travaille, soit des journées entières ou en alternant travail et études. On estime à 300 000, le nombre d’enfants obligés à travailler pour subvenir aux besoins de leurs proches. On les retrouve dans des usines, des restaurants, dans des marais salants ou bien même cantonnés à des tâches domestiques.

Sous le régime Khmer Rouge, 80 % des enseignants ont été tués. Plus de trois décennies plus tard, il y a malheureusement toujours pénurie de professeurs et l’école ne peut fonctionner qu’à mi-temps avec un système de roulement des élèves..

Les enfants sont obligés de mener une double vie: vers 11 h l’école est finie pour certains d’entre eux, pour d’autres, elle commence ! Après ou avant l’école, on retrouve souvent les enfants des campagnes dans les champs, les potagers… Cette double vie est la norme dans les campagnes.

Les ONG ont bien compris qu’elles ne pouvaient empêcher ces enfants d’aider leurs proches financièrement et leur principal défi est donc de leur donner accès à l’éducation. Évidemment, pour les familles vivant sous le seuil de pauvreté, l’éducation n’est vraiment pas une priorité. Dès lors,  les différentes organisations comme « Aide et Action » leur proposent des modèles, différentes possibilités… On leur explique l’importance de l’éducation pour de meilleures conditions de vie mais aussi pour l’avenir du pays. Il faut du changement, éviter de reproduire le même schéma et impacter de façon positive les générations à venir !

Afin de les encourager, les motiver à aller à l’école, cette ONG aide les familles à lancer une petite activité comme l’élevage de poussins car si officiellement l’accès à l’éducation est gratuit au Cambodge, la plupart du temps les enseignants demandent une rémunération aux élèves pour être présents car eux-mêmes ont dû mal à survivre avec quarante dollars par mois. Les plus pauvres n’ont pas les moyens de payer l’école et c’est ici que « Aide et Action » intervient en fournissant cette somme aux enseignants. Sans cette précieuse aide, les enfants seraient toute la journée aux champs à cultiver des choux …..

En plus de cette double vie quasi incontournable, beaucoup d’enfants sont touchés par le sida, souvent transmis par la mère, et se retrouvent aussi vite orphelins. Les installations des hôpitaux sont en mauvais état et il est rare de trouver des services de pédiatrie. De plus, ils payent le prix fort du régime de Pol Pot car 50% des victimes des mines antipersonnel sont des enfants.

Au Cambodge, l’accès à l’eau potable est aussi un grave problème qui touche souvent les zones rurales. De nombreux enfants meurent de maladies diarrhéiques. L’hygiène demeure un problème et bien souvent les familles et les écoles ne sont pas équipées de toilettes ! Malheureusement, face à des conditions de vie très dures, les enfants sont victimes d’exploitations et d’agressions sexuelles. Un trafic qui a surtout lieu à la frontière thaïlandaise où ils finissent dans des réseaux de prostitutions. La législation cambodgienne réprime ces traites d’enfants et ces agressions mais les policiers sont souvent eux-mêmes les bourreaux de ces enfants ….

Il y a aussi le mariage d’enfants … en effet 23 % des jeunes cambodgiennes confient avoir été mariées avant l’âge de 18 ans. Dans certains cas, lors d’un viol, les famille des victimes, honteuses de l’impureté de leurs filles, proposent aux violeurs le mariage !

Pour finir sur une touche plus positive, de nombreuses organisations aident ces enfants : l’UNICEF, la chaîne de l’espoir, Aide et Actions…..ou bien même des personnes comme vous et moi. Même si nous avons l’impression que nous ne pouvons pas changer, bouleverser le monde, un couple de Français, Gilles et Sandra, nous démontre le contraire… Ils ont tout d’abord adopté une petite cambodgienne et ensuite créé une association  « D’une famille à l’autre » pour aider d’autres enfants.

En 2009, après des années d’obstination, ils ont reçu le feu vert des autorités cambodgiennes pour créer « La maison de Clara ». Située près de Phnom Penh, ce foyer recueille des orphelins et d’autres placés par les services sociaux dans l’attente d’une famille d’adoption ou que leurs familles soient de nouveau aptes à s’en occuper.

Pour récolter des fonds supplémentaires, ils viennent de lancer des croisières sur le Mékong.

Rédaction et présentation Stéphanie Truong

Articles similaires